Voyage 13

Le samedi matin démarre mollement par un petit déj dans un des bars de la plage, je suis sorti seul. Éric dort toujours et comme je ne dors jamais longtemps le matin, je n’ai aucune raison de l’attendre, je me sens mieux seul, parfois.

Il fait beau, les rayons du soleil, en passant par les vitres, réchauffent la salle. Il est 11h quand je rentre au Ha Yarkon, Éric se réveille seulement. On s’est vraiment bien éclatés la veille en boite. Il est surpris que je sois déjà levé et d’avoir déjà pris mon petit déj. Il se lave en vitesse, puis on sort prendre un thé avec des gâteaux arabes. On n’a pas de programme précis, tout est plus ou moins fermé, le shabbat ne se terminant que dans l’après-midi. Heureusement qu’on est à Tel-Aviv ; on peut quand même boire un verre quelque part. Tout le reste du pays est aux abonnés absents. Un cauchemar pour un occidental.

Les habitants de la ville viennient se promener en famille sur le front de mer et profiter de la plage pendant leur seul jour de repos hebdomadaire. Près du bar où nous sommes installés, on peut voir une bonne vingtaine de personnes danser sur le « hava nagyla » ,c’est vraiment très sympa, on fait des photos… On reste assis, face au soleil à siroter notre thé. On discute pendant un bon moment, c'est agréable. Puis on décide d’aller faire un tour vers le centre commercial, vers le marché yéménite où Éric veut s’acheter des fringues militaires et où je fais quelques photos.

La journée s’étire un peu en longueur, puis en se promenant, on se retrouve finalement à Jaffa, près du marché. Entre deux étals, il y a des tables où on peut manger un plat exotique, du "couscous". La serveuse nous fait tout un cinéma sur le couscous qu’on va manger. Elle crois vraiment qu’on ne connait pas. Comment des Français peuvent-ils ne pas connaître ce plat ? Mais en disant cela, je me sens bizarre. Ce plat n’est pourtant pas français, mais il est désormais assimilé à la cuisine française, sauf en Israel, drôle de monde. Le repas est tout de même bon. … Le soleil décline déjà et il est à peine 16h. Je sais que la soirée sera calme, Éric quittant Tel-Aviv en train pour Haïfa vers 10h et moi pour l’aéroport vers midi.

Il ne me reste plus beaucoup d’argent, je ne peux plus retirer, je me risque à demander à Éric s’il peut me prêter 100 shekels (20 €), que je lui rendrai à Paris. Il est d’accord et me donne l’argent sans problème, vraiment sympa. Ensuite, il me donn son numéro de téléphone à Paris ainsi que son adresse. Je fais de même. Du coup, je me sens son obligé et je suis d’accord pour se revoir dès notre retour. Une fois ce dilemme réglé, il ne nous reste plus qu’à finir la soirée et la fin de mes vacances. On continue notre shopping en déambulant tranquillement jusqu'à Tel-Aviv, et comme un rituel, on se dirige directement vers les bars de la plage pour boire une bière.

On rentre ensuite au Ha Yarkon pour prendre une douche et se détendre avant de ressortir. J’en profite pour discuter en très mauvais portugais avec un des Brésiliens. Il est en Israël pour neuf mois, et travaille comme peintre en bâtiment le jour et fait la fête le soir avec les autres Brésiliens de l’hôtel. Ils sont une bonne vingtaine, tous très jeunes. C'est bien mais pas très instructif, ça m’a juste permis de perdre du temps sympathiquement… Éric vient me chercher et on décide de retourner vers les restos sur la plage, vers l’hôtel Hilton. Le hall d’entrée est encombré de touristes, tous aussi jeunes. Les Brésiliens sont là aussi, gênant tout le monde, braillant dans un portugais chantant, vraiment très agréable à entendre. Ceux qui arrivent, ne laissent pas sortir ceux qui partent, des sacs partout, des gens allongés par terre, le patron qui hurle en anglais, je suis triste de quitter cette ambiance.

Enfin, le restaurant et mon appréhension. Je n’ai pas pu supporter ce que j’ai mangé durant ce voyage, ma tourista ne se calme pas : un cauchemar. On prend chacun une énorme pizza avec un litre de jus de citron. Ce fut énormément copieux, bon et indigeste pour moi… Je m’aperçois que la compagnie d’Éric me pèse sérieusement, il ne se passe plus rien d’intéressant. Nos discussions sont toujours bien, mais on ne fait qu’étirer le temps… Il n’est pas très tard, mais il fait déjà nuit noire. Ensuite, on se prend un verre dans un des bars de rehov Sheikin, puis on rentre faire nos sacs.

La nuit se passe comme les autres nuits, sauf qu’à Tel-Aviv, il est  toujours très dur de dormir. Les voitures klaxonnant sans arrêt, les sirènes de police qui hurlaient tout le temps. Comme les fenêtres donnent sur la rue, on a droit à un bruit terrible.

 

Didier Kalionian - Le Blog Imaginaire (c) 2001 - 2019

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